Israël est l'invité d'honneur du Salon du livre de Paris. Du 14 au 19 mars, des dizaines d'écrivains israéliens vont témoigner par leur présence et leurs interventions de la richesse plurielle de la littérature de leur pays. Un pays pris, depuis sa création, il y a soixante ans, dans la tourmente de la guerre et du conflit tragique avec les Palestiniens. Une littérature souvent liée à la longue et douloureuse mémoire juive.
Une quarantaine d'écrivains israéliens, dont certains sont aussi de grandes figures de la gauche, comme David Grossman, Amos Oz ou Avraham B. Yehoshua, sont attendus au Salon du Livre, qui célèbre les 60 ans de l'Etat d'Israël.
Cette invitation a provoqué la fureur de plusieurs pays arabes et musulmans, qui ont vivement critiqué le choix de l'Etat hébreu comme invité d'honneur.
Le Liban, l'un des fers de lance de la francophonie dans le monde arabe, l'Arabie saoudite, l'Iran, mais aussi l'Union des écrivains palestiniens, des éditeurs algériens, marocains ou égyptiens ont appelé à boycotter le Salon, pour protester contre la politique d'Israël envers les Palestiniens.
Il ne faut pas, argumente l'écrivain algérien Salah Guemriche, "souscrire bêtement à un boycottage", mais plutôt aller "à la rencontre de ces écrivains qui, en Israël même, constituent de vrais remparts à la politique coloniale d'Israël".